La tradition ?
Mais que veux dire ce mot, exactement ? Il y a une grande confusion dans l'esprit des gens, entre tradition culturelle et tradition cultuelle. Religieuse. Il ne faut jamais confondre les deux mais la tendance est au mélange des genres. Je me dois de recadrer.
Le factuel : J'aime les traditions culturelles. Je ne les commenterais jamais. La corrida, le gavage des oies. L'orchestre des balkans lors d'un mariage. La cuisine du cochon en campagne. Le pain arabe, cuit au feu de bois. Chasser le singe en Guyane. Que sais-je ? Ce sont des traditions ancestrales, qui alimentent une communauté, dans sa conscience collective, et sociale. Elles apportent l'originalité d'une région, par des habitudes alimentaires, musicales, festives, vestimentaires, et sont le ciment d'un groupe dont la géographie reste bien déterminée.
La confusion cultuelle : Le mot tradition s'évapore également dans le dogme d'une religion. Et induit le mélange des genres, que je dénonce, depuis toujours. La tradition cultuelle veut qu'un goy (non-juif) ne puisse pas épouser une jeune femme juive. Qu'un hindou ne puisse pas épouser une sikh. Qu'une musulmane ne puisse pas épouser un chrétien. Par contre, m'arrêtant sur ce dernier cas, un homme musulman, lui, peut épouser une chrétienne. Puisqu'il se donne le temps de l'éduquer à sa religion, puis de la convertir. C'est écrit dans un des trois livres, je ne l'invente pas. (sourate disponible sur demande).
Le bilan d'un laïc : La tradition religieuse est sélective, et donc discriminatoire. C'est assez grave, si l'on y regarde de près. L'amour des humains en fait les frais. Les traditions cultuelles, religieuses, se voulant harmonie de peuples grégaires, face aux agressions historiques, géographiques et ethniques, ne sont que le reflèt d'une peur. Voulant renforcer la cohésion de leur communauté, elles ne font que diviser l'humanité. La peur de trahir la conception cultuelle de son ancêtre est telle, qu'il vaut mieux se figer. Nous ne sommes que des brebis, somme toute. Suivons notre troupeau, et tout ira bien. Ne réfléchissons pas, suivons. Il faut que la brebis soit du même cheptel. Tristes coeurs, fermés à jamais pour l'autre. "Roméo kiffe Juliette".
Deux interrogations : L'excision et la circoncision. On me dit que ce sont des traditions ? Lesquelles ? Culturelles ou religieuses ? Je réserve ma réponse. Je constate juste qu'elles n'apparaissent dans aucun livre religieux. Mais elles sont largement pratiquées. La confusion est donc bien réelle chez les gens. J'ai peu de réponses concrêtes, hélas, quand je pose cette question. On me parle de vagues notions d'hygiène, de je ne sais quoi d'autre.
Une surprise : la polygamie. Un thême délicat à aborder, car il est écrit dans l'un des trois livres. Que faire alors ? Suivre l'enseignement de ce prophête, à la lettre ? Ou celui de l'autre, mort sur la croix, en célibataire ? Là-aussi, de vagues réponses embarassées, le plus souvent. Mon Dieu, que n'as tu pas envoyé sur terre ? T'as voulu foutre le bordel chez tes brebis, tu ne pouvais pas mieux t'y prendre. Ne m'en veux pas si j'ai préféré quitter tes moutons, depuis longtemps déjà. Ton business plan n'est pas crédible, il nous fout trop le bordel, entre nous. On ne s'aime plus. A cause de toi. Tes prophêtes se disputent les cheptels, et nous on regarde, comme des impuissants.
La moralité : Mes enfants sont des mélanges. Arabes, Italo, Franco. J'espère qu'ils auront cette liberté d'épouser des juifs, des noirs, des arabes, des chrétiens ou des boudhistes. Cela n'est pas mon histoire, c'est la leur. Pour leur meilleur. Qu'ils portent une Kipa ou un voile, qu'ils connaissent l'amour avant leur mariage, et qu'ils soient heureux comme cela, je leur porterai des fleurs de jasmin et des croissants, au petit déjeuner. Arrêtons nos conneries. Et avançons. J'ai parfois l'impression que nos générations reculent. Je veux justement, que mes gamins avancent. Ils ont déjà assez de galères devant eux. Et les bouts de tissu, je les passe à la machine.
Ma tradition à moi : J'espère qu'ils croqueront la pomme bien avant de se marier, pour ne pas se faire blouser (vécu, par une disciple de l'un des livres). Je leur fournirai même un catalogue, dans leur gamme, qu'ils prennent le temps de tester leurs brebis, avant de fonder un troupeau.
Laïcitement vôtre
PS : Mon père avait raison. Je ne l'ai pas cru, au début. Carpe diem.