dimanche 9 octobre 2011

Le Nouveau Monde

La partie était belle, le jeu valait chandelle. Mais le temps, couleur de pluie, nous envoyait tant de gouttes, perlées de suie. Alors la page s'est tournée, le roman s'est terminé, sans même n'avoir jamais eu le temps d'en écrire l'histoire. Pourtant la préface était jolie. Le diamant vit en solitaire, mais en ce qui me concerne, j'ai toujours eu l'impudeur de n'avoir jamais su me taire. La solitude, dans son insolente et formidable magnitude, fit donc partie de mes nouveaux attributs. Mais si un regard se détourne, c'est qu'un autre sourire s'anime pour vous, reprenant la plume des espoirs disparus. La vie est écrite ainsi, alors je n'aurai de cesse d'alimenter mon grimoire. L'ancien monde cèdera sa place à d'autres étoiles, d'autres cieux, mes oriflammes se perdront dans de nouveaux cheveux, d'imprudentes folies brûleront mes yeux. Des lignes de vie se déplacent lorsque d'autres coeurs s'enflamment. Guidés vers d'incertains trésors, vers d'attirantes peurs. Orpailleurs, chercheurs d'or, voleurs d'amphores. Mon âme navigue de peaux en peaux, mais un jour la rose aura raison de mon chapeau. Non, mon amour n'est pas porteur de métaphore. Il suit juste le chemin qu'indique ce sémaphore. Au loin.

Farangtom

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