Les prés s'apaisaient à l'aurore, quand le vent tombait. Quand mon cœur se remplissait d'or, puis se vidait, dans l'ombre de ton regard. J’aimais quand il caressait l'horizon. Tu semblais fatiguée, atteinte dans ta chair et parfois malheureuse. Mais tu n’en étais que plus belle car tu restais digne. Je voulais que le destin renverse le cours des choses, ton regard éclairait tant mes passions. Nos veillées s'écoulaient au gré des cieux étoilés, qui berçaient notre maison et notre jardin. Ponctué ça et là de subtiles fragrances, il nous livrait quotidiennement ses senteurs incroyables et effleurait nos sens. Chez nous, il y avait toujours eu un parfum de vacances. Nos enfants riaient de ces moments enivrants , d'interminables jeux en irrésistibles fous rires.
Aujourd'hui, notre jardin m’évoque désormais des effluves de silence, l'absence de ton regard qui guidait mes visions. En m'approchant de la pergola et de la grande table familiale autour de laquelle nous nous rassemblions chaque jour, je redresse quelques chaises. Ta place est désespérément vide. Cet automne, les prairies se couvriront d'un ciel plus ombrageux que l‘année précédente. Il fera froid au plus fort de l'hiver. Froid et triste. Ton regard ne réchauffera plus le mien, pour le nourrir d’incessantes discussions, d’inestimables illusions. C’est dur.
Je n’avais pas imaginé qu'elle t'emmènerait aussi vite.
Tom

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