mercredi 17 août 2011

Préface

Il y a des personnes dont la présence autour de vous est indispensable. Leur force vous accompagne, leur soutien vous gratifie, leur critique vous glace. Celle dont je vous parle est entrée dans cette histoire, discrètement, furtivement. Elle a d'abord beaucoup observé, se tenant en retrait. Et puis commença une histoire, un chemin commun, original. Il y a des personnes dont la présence vous rassure. La vie n'est qu'une succession d'équations, laissant souvent place aux doutes ou à la crainte de ne jamais pouvoir les résoudre. Mais ces personnes ont toujours la clé du problème. Il y a des personnes dont la présence vous encourage. Elles vous aident à déplacer la montagne qui gène le passage, à souffler sur les braises qui vous animent, à calmer les douleurs qui vous tourmentent. Il y a des personnes dont la fidélité vous honore, d'autres dont la confiance vous enchante.

Elle est tout cela à la fois. Je ne savais pas très bien ou aller, ma vie se transformait progressivement en une brocante sentimentale, après quelques années chaotiques dont je peinais à extraire une nouvelle substance. J'éprouvais le besoin d'écrire, des courts instants de vie, des petits morceaux tordus par la destinée des parcours, parfois brulés par le soleil, égratignés par quelques amours malheureux. Petit à petit mes écrits prirent la forme d'une brocante, lorsqu'on ressort quelques objets d'une armoire ou d'un grenier pour les vendre sur la place du village une fois par an. Avec l'humble espérance d'en tirer un petit pécule, qu'on distribue généralement aux enfants en fin de journée. Je n'avais hélas que mon imaginaire pour armoire, mon inconscient comme grenier. J'ignorais qu'elle était bonne chineuse, et qu'elle repéra vite mon emplacement. Le désordre était grand sur les tréteaux, mais elle y trouva quelques objets à son goût. Alors elle entreprit d'y mettre de l'ordre, jusqu'à devenir  le range-gardien de cet espace, et de le mettre en valeur. Sa présence m'a d'abord intrigué, puis durablement réconforté, solidement conforté sur la valeurs des objets qui allaient aboutir à ce recueil.

Sans elle, aucun de ces textes et poêmes n'auraient pu se retrouver ensemble, je n'en aurai eu ni la prétention, ni l'ambition, encore moins l'idée de le réaliser. Il y a des personnes autour de vous qui aident à déplacer les lignes. Elle est de ceux-là. Paradoxalement, nous ne nous connaissons pas. Nous ne nous sommes même jamais rencontrés. La magie de l'univers moderne et virtuel. Mais, dans les textes de ce recueil, sa présence est partout. Sa lecture, ses remarques, ses corrections souvent sans concessions, furent indispensables. Elle est présente dans chaque mot, dans chaque rythme, dans chaque phrase de cette vie de grenier. Alors je ne peux que la remercier profondément, et lui dire affectueusement :

Merci, L'absente.

Farangtom

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