Mon cher John, ne sois pas vexé pour notre rencontre manquée à Londres. Il y en aura d'autres, j'en suis sure. J'ai tellement envie de te voir. Je suis fière d'avoir vu tes photos en une de Newsweek la semaine dernière et d'avoir su que tu avais eu le prix du meilleur reporter de guerre 2011 à San Antonio. Tu es de loin le meilleur de nous tous. Je rentre de Samarkand demain. Bises. Sarah
Ma douce et tendre Sarah, j'aurai l'occasion de venir te voir à nouveau. Pour une simple et bonne raison. J'ai décidé de raccrocher et poser enfin mes boitiers. En 20 ans, je crois en avoir assez vu, en avoir assez fait, et puis, je vieillis, ma jolie. Le risque est grand, j'ai trop souvent vu la mort de près, quand je ne la photographiais pas. Je pars pour Caracas, puis je te rejoindrais ensuite. Je t'embrasse. John.
Cher John, je respecte ton choix d'arrêter notre dur métier. Mais as-tu bien réfléchi ? Que feras-tu sans tes boitiers ? Ils sont ta vie, ton âme, l'essence même de ta vie. Je me réjouis toutefois que tu veuilles me retrouver après. J'envisage même de déménager sur Londres ou Paris prochainement. Je pense que tu y seras mieux qu'à Genève. Prends soin de toi. Pleins de bisous. Sarah.
Ma petite Princesse du Leica, je suis toujours au Venezuela. Oui, j'ai bien réfléchi et je veux vivre les prochaines années près de toi. Je préfère Paris à Londres, ma belle. J'éditerai des livres photos, je saurai m'occuper, ne t'en fais pas. Mon agence me demande de remplacer Steve pour couvrir une mission délicate en Colombie. Dans une région difficile où la française avait été détenue pendant quelques années. Je ne peux pas refuser, mais je serai très prudent. Je te tiendrais au courant. Je t'embrasse. John
(à suivre)

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