Je n'ai plus envie de te parler. Tu en as trop fait, ou pas assez. A chaque fois, tu en rajoutes. J'en ai marre, maintenant. Pourtant je pense que tu es quelqu'un de bien, avec des valeurs. Avec toi, ou pour toi, j'ai souvent eu envie d'avancer, de me surpasser. D'être belle. Que j'aimais me promener et te savoir mes cotés. Les gens se retournaient sur mon passage, tellement j'étais radieuse. Je souriais toujours. Même quand je voyais tous ces gamins sales et pauvres qui trainaient dans la rue. Tu sais, il y a tellement de gens qui puent, de chaque coté de l'équateur. Des gens qui vomissent leur haine, de ne pas être, sur d'autres êtres. Ils soulagent leurs âmes, sans doute, comme les ivrognes soulagent leurs queues en pissant contre un mur. En vidant leurs vessies, qu'ils prennent d'ailleurs pour des lanternes. Les cons. Non, je ne veux plus t'aimer, même si j'ai fait beaucoup d'effort pour toi. Tu es peut-être très beau, mais je n'ai plus envie. Je n'aurais pourtant jamais cru dormir sans toi, sans ta présence. Pour toi j'ai supporté ma famille, les endives braisées de ma mère, alors qu'elle savait que je détestais. J'ai failli oublier les baffes de mon père, ses insultes, ses coups de poing dans mon ventre d'adolescente, pour n'être pas née garçon, celui dont il rêvait tant. Tu vois, eux aussi, je les ai aimé. Enfin, j'ai appris à faire semblant, pour que tu sois content. Quand j'ai fait la pute aussi, pour financer mes années à l'université, sortir enfin de mon enfer de pauvre, en tripotant quelques maladroites et trop jeunes testicules d'étudiants, manquant d'apprentissage viril. Quand je devais caresser quelques grosses bedaines qui me payaient grassement. Je finissais alors la soirée sur les cabinets de mon studio, à vider mon estomac de tout le dégoût que j'avais de moi, ces soirées là. Pour toi, oui, je pouvais tout faire, car je pensais toujours que tu m'aimais. Je voulais tellement grandir pour toi. Je me suis trompée. Je pensais que demain, avec toi à mes cotés, tout irait mieux.
Mon Dieu
Farangtom

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