Tu as l'âge du Christ, enfin presque. Et moi j'ai dépassé l'âge de Boris Vian. Je suis donc immortel. Il me devrait le respect. Et puis, je suis riche, tu sais, j'ai des milliards. Je sais que l'argent ne t'intéresse pas et cela tombe bien. Je suis riche mais je n'ai pas d'argent. Même si j'ai des milliards. Oh, je sais, ce n'est pas facilement négociable sur une place boursière, ni même au marché noir. Mais des neurones, j'en ai à revendre.
Je les vendrai pour payer ta pension, quand il le faudra. Tu sais, celle qui aura des hortensias bleus sur le perron d'entrée, et une longue allée de graviers blanc, au milieu d'une double rangée de platanes, centenaires, comme moi. Je viendrai et nous partirons en promenade au fond du parc. Tu vois, je suis quelqu'un de très fidéle dans la vie. Je poserai ton fauteuil roulant dans l'herbe fraîche du matin, face à l'étang. Je m'assiérai sur le banc, tout près de toi. Et on discutera, en regardant les roseaux se mouvoir sur la berge, ou en guettant la poule d'eau qui s'y cache. Mais tu l'auras déjà repéré, cette poule. Tu as toujours eu l'oeil. Un grain aussi, comme moi. On se rappellera ces années, nos années de correspondances. Tu verras comme j'ai gardé la même envie, comme quand je t'écrivais fidèlement, sans même t'avoir jamais rencontré.
Alors j'atténuerai tes souffrances, j'aurai toujours une couverture dans ma voiture, pour te couvrir quand il fera encore frais, le matin. Et puis, mes mains auront gardé leur chaleur d'antan, pour chauffer les tiennes. Tu avais l'âge du Christ, enfin presque. Et moi, j'étais devenu immortel. Tu me donnais l'envie d'aimer. L'envie de t'aimer, d'un amour décalé. C'est pour cette raison que nous ne nous étions jamais rencontré. Jusqu'à maintenant. Il n'est jamais trop tard. Mais il était temps. Je venais de fêter mes cent ans.
Alors j'atténuerai tes souffrances, j'aurai toujours une couverture dans ma voiture, pour te couvrir quand il fera encore frais, le matin. Et puis, mes mains auront gardé leur chaleur d'antan, pour chauffer les tiennes. Tu avais l'âge du Christ, enfin presque. Et moi, j'étais devenu immortel. Tu me donnais l'envie d'aimer. L'envie de t'aimer, d'un amour décalé. C'est pour cette raison que nous ne nous étions jamais rencontré. Jusqu'à maintenant. Il n'est jamais trop tard. Mais il était temps. Je venais de fêter mes cent ans.
Farangtom

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