jeudi 9 juin 2011

L'estocade

Vas-y, mais fais vite. Que je ne puisse pas soufrir. Tu vois je t'avais bien dit qu'un jour le temps s'arrêterait. C'est normal, je pesais tellement sur les aiguilles, de toutes mes forces, pour les retenir. C'était tellement inutile. Comme un enfant qui coure après une bulle de savon, pour la recueillir dans sa main. Alors que celle-ci éclate immédiatement, au contact de sa peau. Nous avions volé en éclats nous aussi. Nos corps se fracassaient l'un contre l'autre, rêvant de courir un jour sur les dunes. Pas n'importe lesquelles. Les dunes de la vie. Il t'aura fallu trois mots pour me mettre à genou. Je t'ai fait du mal, petite coccinelle, je le sais, et aujourd'hui, tu vois c'est moi qui tremble, devant le coup final, l'estocade que tu vas me donner. Je te garderai quand même dans mon coeur d'enfant, je suis un petit garçon, n'oublie pas, depuis tout ce temps. Je pensais voler, mais j'avais oublié mes ailes au vestiaire. Et le vent est tombé. D'ailleurs  les oiseaux n'ont pas chanté ce matin. La jeune femme à la robe rouge est sortie, elle est allée rejoindre son amoureux. Pourtant, il pleut. C'est toujours quand il pleuvait que je pensais à toi. Tu te souviens ? Alors vas-y, mais fais vite. Que je ne puisse pas soufrir. Nous aurons moins de larmes tous les deux. Sinon les miennes auraient coulé mille ans.

Farangtom

1 commentaires:

  1. il ne faudrait pas qu'elle t'achève d'un coup d'épée ni d'un coup de coeur ....nous avons besoin de toi
    et demain il pleut

    RépondreSupprimer