Schubert Quintet in C, D 956 - 2. Adagio . Zagreb International Chamber Music
Je commence à découvrir ce que je ne voulais pas voir. Ce que je ne voulais pas savoir. Nightingale. Moi, le rossignol. Aurai-je donc pris ta place, Bastien ? Voilà maintenant deux mois que je suis à ta recherche en Inde, dans cette immensité si colorée que j'ai découvert, de Bombay à Goa. Je n'avais guère d'indice pour te trouver, mon ami, à peine l'adresse de cet hôtel, à Goa, au bord de la mer, où je me trouve. Et le contact que tu m'avais envoyé à Paris, dans ta dernière lettre. Saravan, ta petite amie de Bombay. C'est elle qui a insisté pour que je te retrouve. Tu avais bien choisi, en tout cas, elle est d'une beauté et d'une douceur exceptionnelle. Pourquoi l'as tu laissé ? Pourquoi es-tu parti soudainement, sans rien dire ni laisser d'adresse ?
Devant les nombreux étals de textiles, sur la place de Goa, où j'aime déambuler et sentir les odeurs safranées de la rue, je me suis senti si seul. J'ai fini par retrouver la gare, pour reprendre le train qui me ramènerait à Bombay. Mais je n'ai pas pu. Je regardai, presque médusé, tous les gens assis ou allongés dans ce grand hall. Enchevêtrements de couleurs, d'odeurs. De pauvreté, et de splendeur, aussi. Que la pauvreté peut-être belle, parfois, quand elle est digne.
Je ne sais pas ce que tu es devenu, et j'en arrive maintenant à douter de ta propre existence. Bon sang, qu'est-ce qu'il m'arrive ? De retour à l'hotel, surplombant la mer de sa terrasse coloniale, je regarde les vagues et le vent secouer vigoureusement les palmiers de la plage. Il fait presque frais. Je me sens mieux.
Je ne sais pas ce que tu es devenu, et j'en arrive maintenant à douter de ta propre existence. Bon sang, qu'est-ce qu'il m'arrive ? De retour à l'hotel, surplombant la mer de sa terrasse coloniale, je regarde les vagues et le vent secouer vigoureusement les palmiers de la plage. Il fait presque frais. Je me sens mieux.
Je commence à savoir ce que je ne voulais pas savoir. Tu m'as tendu le plus grand piège de l'existence, mon ami. En partant à ta recherche, je réalise maintenant que je me cherchais. Moi, le rossignol. Tu avais raison, ma place est ici. Je ne retournerai plus à Paris et je n'ai plus besoin de poursuivre ma quête existentielle. Mon périple se termine ici, à Goa. Je ne te reverrai sans doute plus.
Saravan doit me rejoindre dans une semaine. Je crois bien qu'elle m'aime.
Farangtom
Saravan doit me rejoindre dans une semaine. Je crois bien qu'elle m'aime.
Farangtom

Ton ami s'est perdu.....En Inde, beaucoup de gens se perdent, c'est un pays qui est fait exprès pour cela......
RépondreSupprimerMais toi tu t'es trouvé Rossignol...
''L'inde chante, n'oubliez pas cela,l'Inde chante''(Henri Michaux)
Merci de ce joli commentaire et de cette belle phrase de Michaux
RépondreSupprimer