mercredi 25 mai 2011

L'odeur du jasmin


Nithin Sawhney & Cheb Mami - Moonrise

Dans l'autobus, une place vide. Elle vient s'assoir à coté de moi, en me disant pardon. Je sens son parfum m'envahir de plaisir. L'odeur du jasmin me revient, les senteurs de Monastir. Je me rappelle l'enfance au village. Les figues de barbarie, qu'on allait chercher à dos d'âne.

Je voudrais l'emmener là-bas, là-haut.
Avec mes bras pour manteau.

Je la sentai tendue, s'excusant presque de vivre. Ses jambes se croisaient, se recroisaient sans cesse. Deux aiguilles à tricoter, si longues, si fines. Le bruit du satin sur ses hanches me déclenche quelques frissons, ceux que l'on ressent le matin, à la première brise. De celle qui vous grise.

Je voudrais l'emmener avec moi, là-haut.
Avec mes bras pour échafeau.

L'autobus se vide. Il ne reste que deux stations et je me prends à rêver. Nous allons descendre ensemble et ne plus jamais se quitter. L'odeur du jasmin nous entourera, baignera mon atmosphère d'enfant. Je lui offrirai un chat. La femme se tourna lentement vers moi puis me murmura pardon. Elle se leva et descendit à la station suivante. Je la vis s'éloigner alors que le bus repartait.

J'aurai voulu l'emmener là-bas, là-haut.
Avec mes bras pour manteau.

Dans l'autobus, je me sens vide. Un vieux Monsieur prend place à mes cotés, en disant pardon, s'excusant presque de vivre. Je sens l'odeur du gigot, sortant de son panier à provisions. La vie est ainsi. Je ferme les yeux, et je sens le jasmin. Le parfum d'une femme.

Farangtom

4 commentaires:

  1. Merci, c'est gentil. Surtout que je ne prends presque jamais le bus...

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  2. La mémoire de l'odeur et l'odeur du souvenir. Et moi, je me souviens de l'odeur du matin dans le métro parisien, mais aussi de celle du soir.

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  3. Oui, la mémoire olfactive existe et est tenace, en Tunisie, quand j'étais enfant, comme à Paris, une palette d'odeurs bien différente...

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