(Publication du 8 août 2010)
Troubadour,
Chevalier servant.
Marin au long court,
Tisserand.
Allongé sur la berge, j'ai dérivé de l'autre coté. Mais toujours cet amour qui inonde, qui asperge. Et puis, l'attente. Tu te souviens de ces flashs, le doigt fébrile ? Et déjà tes odeurs qui se détachent, qui sentaient l'idylle. Je déchire un morceau de tissu, j'avance dans l'inconnu. Nous avions rendez-vous, juste à la seconde où je ne t'attendais plus. Depuis si longtemps que je cherche, et qu'en silence je prêche. Que mes lendemains soient les tiens. Ce jour est venu, alors sans retenue, j'ai mis le feu à la baraque et chargé la barque. Et puis, l'attente.
Tu voleras en éclat, sous le vent, au flux et reflux des marées. Tu te donneras, comme une enfant, trop longtemps délaissée. J'ajusterai la mire, écoutant ton ultime soupir. Et puis, l'attente. Avant l'assaut final. Ce sera Suzerain contre Vassal. Alors, j'imagine l'instant. Passements de jambes et croisements de bras, nos corps s'animent et se tendent, bruyant fracas. Corps à corps fougueux et rageurs, d'avoir trop imaginé ces heures. Mon épée se plante en toi, délicieuse tourmente, tendre émoi. Soudainement prise de trac, tu ressens l'impact. Puissant. Fulgurant. Le venin jaillit. Les oiseaux pavoisent, puis se taisent. Deux corps s'apprivoisent, et soufflent les braises. Catapultés hors du temps, l'espace d'un instant.
Puis on s'endormira, comme les autres. A partir de maintenant, je serai l'autre.
Sentir le grain de ta peau, le matin. Porteras-tu un chapeau ? Un voile de satin ? Je planterai mes racines, tenaces, je t'enverrai des bouquets d'étamines, fugaces. A pas de loups, je sens que tu glisses, dans la toile qui se tisse. On ira voir ce soir, les flamands roses venir boire. Je te raconterai leur histoire. Le coeur a sa mémoire. On passera du temps blottis, sur les traces de Pierre Loti. Les yeux dans les étoiles, ce soir la lune sera rousse.
(Texte FarangTom)